Rapports de Vavi à l'Association


RAPPORT N°1 DE VAVI A L'ASSOCIATION

Samedi, quatre heures et demi du matin, quelque part dans la forêt près de chez moi.

Nuit noire et froid de canard, je gèle littéralement. Je regarde ma montre. Je rêve ou l'heure de notre rendez-vous est déjà dépassée d'un quart d'heure ?
Je précise pour les touristes qui débarquent qu'il ne s'agit pas d'un rendez-vous galant (retirez immédiatement ces sourires entendus de vos visages, MERCI), mais d'un rendez-vous professionnel. Oui oui, au milieu de la forêt, en pleine nuit, oui je vous dis !
Si je me gèle ici, c'est pas que pour m'amuser, hein. J'attends (désespérément) un trio de vampires qui ont des documents à faire passer à l'Association. Mission de merde, si vous voulez mon avis, mais puisque personne ne le demande...
Seulement, ils ont vraissemblablement oublié de se lever, ou alors ils ont d'autres chats à fouetter (ou à saigner...). En attendant, qui c'est qui poireaute comme une débile profonde (vous, au fond, arrêtez de ricaner, je vous ai vus !) dans le froid glacial d'une nuit de février ? Ma pomme !
Alors, malgré le fait que mon I-pod soit fiché dans mes oreilles avec de la SUPER bonne musique (♫ Zombie ♫), j'avoue, je ne suis pas de très bonne humeur. En fait, j'ai même vraiment envie de trucider les trois zigotos qui savent pas lire l'heure (ou la carte ?). C'est pourtant eux qui ont choisi le lieu, la date et l'heure du rendez-vous.
Quatre heures quarante-cinq. Pas la moindre trace de vent pire. Hahaha. Mon dieu, mon humour du matin est terrible.
Cinq heures. J'envisage de rentrer chez moi pour retrouver mon lit, quand j'entends (enfin !) du bruit.
Sauf que ce ne sont pas trois vampires qui débarquent, mais un. Je m'apprête à lui pourrir la tronche quand soudain il s'exclame :
"Mademoiselle... Vous êtes de l'Association ? Venez vite ! On a un gros problème, suivez-moi !"
Je le suis.
Et, ce n'est parce que je ne pense (enfin, ne réfléchis) pas que je (le) suis. Sinon, je ne l'aurais pas fait.
Et j'aurais eu raison.
Quand j'arrive dans la clairière d'à côté, il a disparu. Mais, devant moi, je vois un superbe pentacle. Et dedans...
"L'odeur de soufre annule la mission !"
Avec plaisir, mon cher Walter, sauf que là, ils ont défait le Pentacle, et que moi je ne cours pas assez vite. Dommage, d'ailleurs.

Figée, j'écarte immédiatemnt de mon esprit la possibilité que James Bond vienne me sauver. A cette heure, même lui il dort. Bientôt, ce sera mon tour, mais de manière plus... définitive. Adieu, peuple zombie !

Et là je pense à eux, justement, les zombies. Et à la magie aussi. J'ai un peu (beaucoup) de mal avec l'elfique, faute de prof, alors je baragouine un truc en grec ancien. Je sais pas ce qui s'est passé, mais mon parapluie s'est mis à briller genre épée laser dans Star Wars. Finalement, ce n'est pas James bond qui vient à ma rescousse, mais Yoda ! Moins sexy mais plus efficace...

Le démon comprend rien (normal on peut pas être intelligent ET super fort, sinon c'est pas du jeu). Il se jette sur moi... et heurte mon parapluie que j'ai déplié. Ça fait un peu Mary Poppins, d'ailleurs. Je replie le parapluie et le lui fait manger. Il hurle, mais ne se désagrège pas (normal, le mec qui l'a invoqué n'est pas encore mort).

Laissant ici mon ami démoniaque se tordre de douleur (visiblement, c'est pas très digeste une épée laser), je me mets à courir, à la recherche de Mr Vampire-qui-joue-avec-les-Limbes.

Il se met lui-même à courir et... Nan, j'ai trop honte. Il tombe dans un trou. hé hé... J'invoque quelques zombies et leur laisse le sale boulot.

Quand je rentre chez moi, il est six heures moins le quart. Je me lave, je petit-déjeune, je dissimule mes affaires, et (eh oui), je prend mon sac pour aller en cours.

Une version de grec m'attend...

 

 

 

RAPPORT N°2 DE VAVI A L'ASSOCIATION :

Woush fait la raffale de vent !
Brr font mes dents...

Oh non ça recommence. Quand je suis stressée, j'ai une fâcheuse tendace à parler en vers. Je massacre la poésie sur un coup de tête, et à chaque fois, c'est un désastre.

Bref.

Après le désastre de l'autre jour, j'aurais cru que JAMAIS on ne me laisserais repartir en mission. Encore moins en solo. Mais ma chère Associée est paraît-il occupée. Soit. Quand j'ai reçu le coup de fil de Mademoiselle Rose, ça m'a quand même fait un choc. De plus, appel reçu sur le fixe de chez moi parce que mes parents veulent pas que j'ai un portable avant le lycée. Coup de bol que ç'ait été moi qui réponde ! Je me voyais mal fournir des explications à ma famille...

Ce matin, donc, encore une fois seule dans la forêt par une nuit glaciale. Pour améliorer les choses, il est 2h du matin. Youpi. En plus à cause de ça, je rate une réunion importante avec le Parlement zombie, notre révolte va encore prendre du retard. Mais passons.

Je ne sais pas si vous imaginez l'endroit. Déjà, chez moi, c'est plutôt style "paradis des gob's et lutins en tous genres". Je ne peux pas sortir dans la rue sans croiser un Anormal. C'est effrayant. Au début, c'est mauvais pour les nerfs, mais on finit par s'y habituer. Et au bout de la rue, il y a la forêt. Dans la journée, il y a plein d'enfants qui jouent et tout ça, des p'tits zozieaux et compagnie. Mais la nuit...

Seulement, moi j'y suis, et c'est la nuit. Après mon expérience de l'autre jour, je ne cacherai pas que moi, je flippe grave. Même si... C'est pas la même mission. Je veux dire... Enfin vous allez voir.

Ma mission, elle est de chopper les gob's rebelles qui s'éclatent dans la forêt la nuit (et parfois le jour !) et de leur suggérer avec force persuasion de retourner voir ailleurs si j'y suis, et de ne jamais me ramener la réponse. Donc pas de risques que je les suive dans une embuscade ou autre.

J'ai un nouveau parapluie (on sait jamais, après tout : Yoda et moi, on est potes maintenant), mon manteau et mon sac rempli de... tout : poils de chat/chien/rat, plumes à gogo, feuilles de salades en tous genres, bouffe d'herbivores, craie, cailloux qui brillent (traduisez pierres précieuses), et, of course, un braséro, un couteau et la copine d'Excalibur (qui dépasse du sac T-T).

Je cherche les gob's, me dirigeant au bruit. Oui oui ! Ils sont très bruyants, peu discrets et tout ça. C'est d'ailleurs pour ça que je vais aller leur coller mon pied dans leurs sales postérieurs !

Quand je les trouve nefin, je commence à flipper. J'ai raison. Car ils jouent aux apprentis sorciers avec... Oh non ! Ils vont pas recommencer avec leurs pentacles ! C'est quoi cette obsession ?
Et là je me rend compte de ce qu'ils sont en train d'invoquer : ils utilisent l'eau du lac pour créer un Elementaire d'eau !
Oups.
Merde.
Putain de merde.
Putain de bordel de merde.
Ma grand-mère, si elle était là, me dirait que les grots mots dans la bouche d'une jeune fille, c'est très vilain. Vous savez quoi ? C'est pas le moment de m'occuper de ce qu'aurait dit ma grand-mère.
Alors j'essaye (on fait ce qu'on peut) de réfléchir. Le résultat est pas glorieux : il me faudrait un ventilateur géant.
Yodaaaaaaaaaaaaa ?
Hey ! Mais J'AI une machine à faire du vent !
J'ouvre mon parapluie, aidée d'un petit coup de grec (décidément, y a que ça qui marche). Et là... Raté.
Hum.
Le seul effet que ça a eu, c'est que les gob's se sont rendus compte de ma misérable existence. Dommage pour moi.
Je guele alors très vite :
"JesuisAgentàl'Associationarrêtezçaimmédiatements'ilvousplaît !"
Visiblement, ils n'ont pas compris. Try again !
"Je suis Agent à l'Association, arrêtez ça immédiatement !"
Pause.
"S'il vous plaît..."
Ma grand-mère pourrait être fière de moi !
J'enchaîne alors sur une série de menaces juridiques évoquant beaucoup d'argent qu'ils devraient payer, une ruine de leur réputation, et tou le tralala de base (merci Ombe, lire tes avantures est un vari secours pour moi ^^)
Là, ça les a calmés raide. Ils commmencent à m'implorer, leur sorcier en chef stoppe immédiatement tout le tralala, et ils envisagent sérieusement d'investir dans de l'immobilier très loin. Genre Ouzbékistan.
Paaaaaaarfait.

Il est trois heures et demin du mat', et je retourne me coucher.

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